Handi Danse ou les grands pas d’une école créative

L’association Fusion Danse et Handicap, près de Rennes (35), développe l’enseignement de la danse auprès des personnes atteintes d’un handicap moteur ou mental. Les rencontres chorégraphiques de Bretagne illustrent cette formidable énergie.

Un mélange de trac et d’excitation anime les rangs de la salle des fêtes de Melesse en ce printemps 2017, avant le lever de rideau du spectacle. C’est le grand jour des rencontres chorégraphiques de Bretagne organisées par Fusion Danse et Handicap. Près d’une centaine de danseurs est attendue sur la scène, pour présenter à tour de rôle leur chorégraphie préparée durant l’année. Professeurs de danse et éducateurs se sont investis pour entraîner dans l’aventure des personnes atteintes d’un handicap moteur ou mental, prises en charge par des instituts médico-éducatifs (IME) de Bretagne. Ils viennent de Briec-sur-l’Odet (29), de Pont-Château (44), de Loudéac, de Bain-de-Bretagne pour retrouver sur la scène leurs camarades danseurs de Melesse. Enfants, adolescents, adultes ils ont leur difficultés respectives mais une passion commune : la danse.

Le leitmotiv d’Handi Danse

Toute l’année, ils pratiquent l’activité Handi Danse avec une forte motivation et beaucoup de persévérance, sous un angle créatif. Ils découvrent surtout que malgré leurs limites de mobilité ou leurs difficultés de concentration, ils peuvent s’exprimer avec leurs corps. C’est le leitmotiv de Fusion Danse et Handicap, présidée par Yves Devaux qui a confié l’animation de cette école de danse adaptée à Kathleen Reynolds depuis deux ans.

Originaire des Etats-Unis, la danseuse professionnelle a été interprète auprès de chorégraphes tels que Joseph Nadj ou Bernardo Montet en France et mène également ses propres créations de danse contemporaine. « Mon rôle est de leur transmettre les bases de la danse, on travaille l’orientation dans l’espace, le rapport à l’autre, les transferts de poids. On travaille beaucoup le rythme. J’adapte ma pédagogie, c’est un travail sur mesure pour chaque groupe en fonction de leur handicap et de leur capacité de concentration », explique Kathleen Reynolds.

Faire plaisir à l’enfant ou à l’adulte porteur de handicap, faire naître des émotions, solliciter l’imaginaire, stimuler la créativité sont les composants essentiels de l’éducation artistique et culturelle portée par la chorégraphe.

Au fond de soi, la force créative

Pour cette rencontre régionale, elle a d’ailleurs choisi d’intégrer un autre danseur professionnel dans la chorégraphie du groupe de Melesse : une sorte de « battle » de danse urbaine ou les filles et les garçons se répondent de part et d’autre de la scène en rythme et en mouvements contemporains. L’interprétation est convaincante et entraînante et souligne la belle énergie des danseurs.

Des tableaux très différents s’enchaînent au fur et à mesure que les classes handidanse se succèdent. Qu’ils soient en fauteuil roulant ou sur leurs deux jambes, tous les interprètes expriment une joie très intense et communicative. Le final les réunit sur la scène dans un tourbillon très festif. Dans le public, de nombreux spectateurs sont émus et admiratifs de cet ensemble épanoui. La sensation que chacun d’entre eux est allé chercher au fond de soi une force créative.

Quelques artistes ouvrent désormais leur propre pratique professionnelle pour expérimenter de nouvelles formes de travail artistique et développer des capacités d’innovation avec les publics adaptés. Ainsi le danseur Dimitri Tsiapkinis, du centre national chorégraphique de Tours. Il intervient en milieu psychiatrique au centre hospitalier de Tours et axe ses travaux sur l’expressivité et la créativité des personnes souffrantes de psychopathologies.

Un grand pas dans l’ouverture de la danse au handicap.

Reportage Culture & Handicap réalisé par Marguerite Castel

Danse et Handicap, une histoire de fusion

En 2005, Françoise Devaux, professeur de danse diplômée, monte la section Handidanse au sein de l’amicale laïque de Melesse, près de Rennes en Ille-et-Vilaine (35).
C’est la première école de danse à enseigner aux personnes en situation de handicap en Bretagne.
A force de persévérance et de pédagogie adaptée, la dynamique s’instaure. En 2010, les élèves sont en mesure de présenter une chorégraphie de plus de 30 minutes. C’est un véritable challenge technique, artistiques et émotionnel. Puis, suite au succès des premières rencontres départementales Handidanse organisées en 2011, l’association FNDH voit alors le jour. Les élèves participent avec succès aux rencontres nationales en décrochant trois premiers prix dont le coup de coeur du jury.
Le but de l’association est d’enseigner la danse aux personnes en situation de handicap, de promouvoir et de favoriser par la danse, l’intégration et l’échange avec des personnes valides. Elle incite les professeurs de danse à se former à adapter leur pédagogie aux personnes handicapées.
Dépasser les barrières et les stéréotypes du handicap, se prouver à soi-même mais aussi montrer aux autres que tout corps peut être beau, s’exprimer, danser, véhiculer une histoire, tel est l’engagement de l’association Fusion Danse & Handicap à travers les cours et spectacles.

Fusion danse et Handicap
fdnh@hotmail.fr
Président Yves Devaux
06 02 11 53 16
Le Pré Garnier 35520 Melesse